Salut, tu dois commencer à me connaitre.
Sinon, je te rappelle mon blaze.
Je suis Thierry Spencer, 35 ans.
J'habite probablement ta ville ou peut-être pas, au fond tu t'en fous.
Ce soir, vois-tu, j'ai décidé de m'abstenir de boire.
Je ne veux plus égarer mon esprit dans les vapeurs d'alcool.
Je veux voir. Voir le monde, tel qu'il est. Voir la merde, telle qu'elle m'apparait à ces yeux de voyeur invétéré que tu es.
Je sais que tu aimes ça.
Tu aimes quand je me pose ici, sur ce vieux fauteuil craquelé et que je me tripote la queue, comme un vieux salopard.
Ce soir, exceptionnellement, non... je ne me branlerais pas.
Mais toi, tu vas te branler.
Tu vas défaire ta braguette et sortir ton engin,
et te l'agiter pour faire sortir ton jus.
Je veux te voir jouir solitaire.
Je veux entendre ton râle.
Je veux savoir ce qu'un homme peut ressentir
quand il se branle et qu'il se sait observé.
Ca t'excite, hein ?
Non, je rigole.
Range tes outils. Je ne veux pas les voir.
Je te disais cela pour rigoler.
Non, ce soir... c'est la fête...
Ce soir, j'ai décidé de regarder pousser les marguerites.
De ne rien faire, de ne pas fermer les yeux.
D'attendre.
Attendre quoi ?
J'en sais rien. Attendre le vent, attendre le temps.
Comme quand j'étais petit et que je jouais à rien.
Oui, j'ai jamais vécu dans autre chose qu'un taudis
que même les poules n'auraient pas voulu.
Enfin, c'est la vie comme on dit.
Sur ce, il va falloir couper.
Demain... ah, demain...
Je serais nulle part, demain.
Je serais ici, à compter mes boules, à me sucer la moelle
et m'astiquer la colonne comme un glouton enragé.
Voilà, le programme... demain...
Et toi, oui toi, tu feras quoi demain ?