Elle repose, morte,
Froide pour l'éternité,
Son âme est partie
Dans l'air froid
D'un matin d'automne ;
Sans donner d'explications,
Sans fournir un mot d'excuse,
Elle a choisi la porte étroite
Pour entrer au royaume d'en bas ;
Elle aimait la vie,
Elle riait aux éclats
Quand le matin les étoiles
Achevaient leur course
Et le soleil pointait sur l'horizon
Pour embraser le ciel
D'un jour nouveau,
Elle aimait chanter,
Elle aimait rire
Et danser,
Et sous ses pieds nus
Dans la rosée,
Sentir la caresse de la terre
Et dans ses cheveux dénoués
Le doux baiser du vent ;
Elle est morte
Dans ce froid matin d'automne,
A peine une ombre
Pour lui chanter un dernier Te Deum
Que déjà le ciel s'éclaire,
Et les Anges assemblés
Pleurent des larmes de sel,
Comme un dernier linceul d'argent ;
Elle est morte
Et déjà oubliée par le temps,
Elle n'est plus que souvenir
Une trace dans la mémoire,
Heureux puisse être son esprit
En paix au royaume d'en-bas.