Aussi loin que remonteront mes souvenirs,
Je me souviendrais toujours
De cet " homme en blanc "
Qui descendant de l'avion,
S'agenouillait sur le tarmac
Pour y déposer ses lèvres
Et son front au sol,
En signe d'affection, de respect
Et d'humilité...
Quel plus beau geste d'Amour
Et d'humilité,
Qu'un pape, chef de l'Eglise,
Berger des âmes, de toutes les âmes,
Que de baiser le sol
Et rendre ainsi hommage
Au peuple et au pays qui l'accueille ?
Malgré les critiques,
Et faisant fi des querelles
Il a été comme un oasis de paix
Dans un océan de haine et de perfidie,
Autour de lui, des millions de jeunes
Tous assemblés dans un même élan
De fraternité et de générosité,
Tous croyants ou non,
Peu importe,
Quel image plus forte
Que tous ces jeunes réunis
Quel que soit leur culture,
Leur langue ou leur ethnie,
Mais assemblés, tous unis,
Pour quelques heures
Quelques jours,
Faisant oublier les guerres
Et laissant, au moins un instant,
Espérer que la paix est possible
Laissant se poser
Cette blanche colombe
Trop souvent chassée
Par les fusils et par les bombes.
Aujourd'hui, ce berger s'en est allé
Sur les chemins étoilés
Doucement et plein de dignité,
Il a rejoint des espaces sans souffrance
Où il ne fera qu'un avec le Ciel,
Mais dans le coeur de l'humanité
Son image reste,
Ses paroles résonnent encore,
Et si l'on est attentif
Le soir, à sa fenêtre,
On peut encore le voir
Sourire et saluer les hommes
Dans les étoiles
Et leur dire,
Comme un épitaphe ultime
Un cadeau transmis au monde
Pour l'éternité :
" N'ayez-pas peur... "