Une pause dans ma vie,
où j'ai posé mon bâton de pélerin
et je me suis assis,
à scruter le monde qui s'écoule
dans la vallée en contrebas.
Je vois les humains
qui vagissent dans la plaine,
tels des boeufs que l'on conduit
à l'abattoir,
sans plus d'envie de se battre
ni de se révolter,
Ils vont en troupeau,
broyés, annihilés,
leur cerveau anesthésié,
sans volonté de réagir
chacun enfermé dans une
bulle de verre,
Et l'on accepte son destin,
et au-dessus, le ciel gris et noir
sombre comme une nappe de plomb
pèse sur les âmes,
empêche toute réflexion,
sait-on encore réflechir,
dans un monde où l'image est reine
et où l'apparence tient lieu de preuve ?
Je ne peux que les laisser
dans ce monde de certitudes,
un monde de résiliences,
où plus rien ne chante
que des slogans mille fois répétés,
où les coeurs sont devenus des
déserts stériles.
Je reprends mon baton,
mes guêtres et mon baluchon,
et j'adresse une prière à mon Berger,
et je m'en vais sur les chemins,
en suivant ma petite étoile
qui est mienne et qui me mène
vers des pâturages où l'herbe est
toujours fraîche.