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LE DÉLAISSÉ
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J'ai comme vous, eu parfois des songes obséquieux et des pensées salaces qui ont plongé mon âme dans un abime de turpitudes et d'angoisses inachevées. J'ai souvent pleuré seul, dans le silence de ma piaule, entre deux revues porno et une bouteille de bourbon. J'ai imaginé des scènes de mort où j'étais l'acteur principal. Bref, je n'ai jamais connu que la vie heureuse que l'on est en droit d'attendre de tout être humain sur cette putain de planète. Je me suis parfois plongé au coeur de mes entrailles pour y gerber toute ma haine. Une haine qui me ronge, aujourd'hui, une haine qui est désormais mon fardeau et que je regrette, une haine qui transpire parfois par les pores de ma peau comme suinterait une liqueur d'hémoglobine. Quand je regarde mes mains, je n'y vois que des sillons morbides parcourant ma peau et mes veines qui palpitent bleuies par le temps. Je suis aussi maudit qu'une âme damnée mais je perçois le bon en moi. Suis-je coupable d'avoir trop vécu ? |